Développement

Centre de Formation Professionnelle de Bandenkop : Cinq mois après la relance, le silence inquiète

24 février 2026

Par Idriss Morel Kembou

Centre de Formation Professionnelle de Bandenkop : Cinq mois après la relance, le silence inquiète

Une institution aux ambitions prometteuses

Placé sous la tutelle du Ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle du Cameroun, ce centre est une institution gouvernementale dont la vocation est de former les jeunes aux métiers spécialisés et de contribuer au développement économique local. Après une période initiale de fonctionnement, l'établissement avait progressivement sombré dans une longue léthargie, laissant ses locaux et ses équipements à l'abandon, au grand dam des populations de la localité.

C'est pourquoi l'annonce de sa relance en octobre 2025 avait été accueillie comme une véritable bouffée d'air frais.

Une mobilisation unanime de la communauté

La nouvelle avait en effet galvanisé la communauté Bandenkop dans son ensemble. De l'intérieur comme de l'extérieur du pays, les filles et fils de Bandenkop s'étaient spontanément mobilisés pour apporter leur soutien à cette initiative, chacun à son niveau et selon ses moyens. Cet élan de solidarité témoignait de l'attachement profond de la communauté à cette institution et de sa conviction que la formation professionnelle constitue un levier essentiel pour l'avenir de la jeunesse locale.

L'enthousiasme était palpable, les espoirs, immenses.

Cinq mois plus tard, le silence

Pourtant, à l'heure où nous écrivons ces lignes, force est de constater que cet élan initial n'a pas été suivi d'une communication claire et régulière. Cinq mois se sont écoulés depuis la relance officielle, et les informations se font rares, voire inexistantes. Aucun bilan n'a été partagé avec la communauté. Aucun comité de gestion n'a été officiellement identifié ni rendu public. L'évolution concrète de la relance reste inconnue du plus grand nombre.

Le flou s'est progressivement installé, et avec lui, un sentiment de malaise grandissant. Beaucoup ne savent tout simplement plus à quel saint se vouer : Le centre fonctionne-t-il réellement ? Des apprenants sont-ils inscrits ? Qui gère quoi ? Autant de questions qui restent, pour l'heure, sans réponse.

Une opacité qui interroge

Ce manque de transparence suscite de vives préoccupations au sein de la communauté. Pour beaucoup, il est inconcevable qu'une institution publique bénéficiant du soutien actif de la diaspora et des populations locales puisse fonctionner dans un tel manque de visibilité. L'absence d'un comité de gestion connu et reconnu est particulièrement pointée du doigt, car elle prive la communauté de tout interlocuteur officiel et rend impossible tout suivi sérieux des activités du centre.

Certains observateurs n'hésitent pas à parler d'une gestion opaque, qui tranche douloureusement avec l'enthousiasme et la bonne volonté dont avait fait preuve la communauté lors de la relance.

Des attentes légitimes

La communauté Bandenkop est en droit d'attendre des réponses claires. Elle a répondu présent lorsqu'on a fait appel à sa solidarité. Elle mérite aujourd'hui une communication transparente sur l'état réel du centre, sur les instances qui le dirigent, sur les effectifs en formation et sur les perspectives pour les mois à venir.

La relance d'un centre de formation professionnelle est un acte fort, porteur d'avenir pour toute une jeunesse. Mais sans suivi, sans redevabilité et sans communication, même les meilleures initiatives risquent de se perdre dans les mêmes travers qui avaient conduit à la léthargie passée.

Il est encore temps de corriger le tir. La communauté Bandenkop, vigilante et engagée, attend des actes.

#Education#Jeunesse#Developpement